1111 H · ~1699 CE
Naissance de Muhammad ibn ʿAbd al-Wahhâb
Né dans la région du Najd (Arabie orientale), au sein des Banû Tamîm. Son père, 'Abd al-Wahhâb, était un savant pieux, tout comme son frère Sulaymân. Les deux pressentaient dès sa jeunesse une déviation dans ses propos et ses penchants doctrinaux, et mettaient les gens en garde contre lui. Il étudie d'abord à Médine.
Vers 1143 H · ~1730 CE
Premières prédications et émergence publique
Ibn ʿAbd al-Wahhâb commence à diffuser ouvertement ses thèses : il déclare que les musulmans sont dans le shirk (polythéisme) depuis six siècles, que la visite de la tombe du Prophète ﷺ, le tawassul et l'invocation des saints constituent du shirk. Ses propres maîtres à Médine le désavouent publiquement et prédisent son égarement.
Vers 1157 H · ~1744 CE
Alliance avec Muhammad ibn Saʿûd à Dirʿiyya
Alliance politico-religieuse fondatrice : Ibn ʿAbd al-Wahhâb obtient le soutien armé de l'émir Muhammad ibn Saʿûd (des Banû Hanîfa, tribu de Musaylima le faux-prophète). Le mouvement devient une puissance militaire. Les tribus arabes sont soumises les unes après les autres, sous peine d'être déclarées mécréantes.
1165 H · 1752 CE
Condamnation formelle par les savants de La Mecque
Des émissaires wahhabites envoyés aux Haramayn pour « corriger » la croyance des savants sont confondus en débat public. Le juge de La Mecque sous l'émirat du shérif Masʿûd ibn Saʿîd rend un jugement de mécréance contre leurs croyances. Certains sont emprisonnés ; ceux qui s'enfuient à Dirʿiyya renforcent l'obstination du mouvement.
1200 H · 1786 CE
Mort d'Ibn ʿAbd al-Wahhâb — Le mouvement se poursuit
Ibn ʿAbd al-Wahhâb meurt après près d'un siècle de vie. Son alliance avec la famille Al Saʿûd lui survit. ʿAbd al-ʿAzîz ibn Muhammad ibn Saʿûd prend la tête militaire du mouvement et étend la conquête aux Yémen, aux tribus du Hedjaz, jusqu'aux abords de la Syrie (al-Muzayrîb).
1217–1218 H · 1802–1803 CE
Massacre de Tâʾif et prise de La Mecque
Les troupes wahhabites prennent Tâʾif lors du mois de Dhû al-Qaʿda 1217 H, massacrant hommes, femmes et enfants, ne laissant que quelques survivants. Elles entrent ensuite à La Mecque le 8 Muharram 1218 H après que les habitants, terrorisés, demandent l'amân. Elles y imposent quatorze jours de « renouvellement de l'islam » selon leur doctrine.
1220 H · 1805 CE
Siège de La Mecque, prise de Médine et pillage de la Chambre
Après un siège total qui affame la population au point qu'elle consomme des chiens, le shérif Ghâlib est contraint à la capitulation. Les Wahhâbites entrent à La Mecque fin Dhû al-Qaʿda 1220 H. Ils pillent la Chambre du Prophète ﷺ à Médine, confisquent ses trésors millénaires, nomment leurs émirs sur les deux villes, interdisent les caravanes du pèlerinage syrien et égyptien, et démolissent les dômes des saints.
1226–1233 H · 1811–1818 CE
Campagnes de Muhammad ʿAlî Bâshâ — Reconquête ottomane
L'ordre ottoman est donné à Muhammad ʿAlî, gouverneur d'Égypte, de combattre les Wahhâbites. Après une première défaite désastreuse (1226 H), la seconde campagne réussit grâce aux manœuvres secrètes du shérif Ghâlib : Médine, Jeddah, La Mecque et Tâʾif sont reprises en 1228 H sans combat. Le fils de Muhammad ʿAlî, Ibrâhîm Bâshâ, encercle et réduit Dirʿiyya en 1233 H.
Rabîʿ al-Awwal 1234 H · 1819 CE
Capture de ʿAbd Allâh ibn Saʿûd et destruction de Dirʿiyya
ʿAbd Allâh ibn Saʿûd est capturé et envoyé au Caire, puis exhibé dans Constantinople avant d'être exécuté à la porte d'Hamâyûn. Dirʿiyya est détruite de fond en comble et rendue inhabitable. Dans son coffre personnel, il porte trois Corans royaux, trois cents perles et une émeraude volés dans la Chambre du Prophète ﷺ.
17 décembre 1818 CE · Rabîʿ al-Awwal 1234 H
Exécution publique — La fin du Premier État saoudite-wahhabite
ʿAbd Allâh ibn Saʿûd, dernier souverain du Premier État saoudite-wahhabite, ainsi que l'imâm wahhabite de l'époque — petit-fils du successeur d'Ibn ʿAbd al-Wahhâb — sont conduits enchaînés à travers les rues principales d'Istanbul pour être exposés au regard du peuple. Le lendemain matin, ils sont présentés devant le Sultan et décapités publiquement pour leurs crimes contre les Villes et Mosquées Sacrées. Le conflit s'achève sur la défaite totale des forces wahhabites et la destruction du Premier État saoudite-wahhabite, restructurant durablement les équilibres de puissance dans la péninsule arabique.
Synthèse historique documentée
La Guerre sunnite ottomane
contre le Premier État wahhabite
La guerre ottomane-wahhabite (1811–1818) constitue un tournant décisif : le Califat ottoman sunnite, avec le soutien du gouverneur sunnite d'Égypte, le commandant albanais Muhammad ʿAlî Bâshâ, lança une campagne pour rétablir son autorité sur la péninsule arabique et mettre fin à la fitna wahhabite.
Dès 1812, le Califat ottoman sunnite avait repris al-Madîna al-Munawwara des mains des Khawârij wahhabites. L'année suivante, en 1813, Makkah al-Mukarrama fut libérée.
La bataille décisive
La Bataille de Dirʿiyya — 1818
En 1818, l'armée ottomane-égyptienne commandée par Ibrâhîm Bâshâ, fils de Muhammad ʿAlî, détruisit entièrement les forces de ʿAbd Allâh ibn Saʿûd et s'empara de leur capitale, Dirʿiyya dans le Najd.
ʿAbd Allâh ibn Saʿûd fut capturé avec deux de ses partisans wahhabites, dont le fils du successeur d'Ibn ʿAbd al-Wahhâb al-Najdî — son petit-fils —, qui était à l'époque le principal savant des Wahhabites. Ils furent conduits à Istanbul et, après avoir été promenés enchaînés dans les principales rues de la ville, jetés en prison.
Le matin du 17 décembre 1818, ʿAbd Allâh ibn Saʿûd — dernier souverain du Premier État saoudite-wahhabite, fondé par la famille Al Saʿûd qui gouverne aujourd'hui l'Arabie Saoudite — et son imâm furent présentés devant le Sultan et décapités publiquement pour leurs crimes contre les Villes et Mosquées Sacrées.
Le conflit s'acheva sur la défaite totale des forces wahhabites et la destruction du Premier État saoudite-wahhabite, restructurant durablement les équilibres de puissance dans la région. La tradition savante sunnite — ottomane, égyptienne et des Haramayn — avait unanimement soutenu cette campagne comme une obligation de défendre la Oumma contre la fitna.