Mise en garde préalable

Ce site n'est pas un espace de polémique. Son objectif est informatif et scientifique : permettre à tout musulman de comprendre l'origine, les thèses et les réfutations du courant wahhabite, telles qu'elles ont été formulées par les grands savants sunnites des quatre écoles juridiques, de l'époque d'Ibn ʿAbd al-Wahhâb jusqu'à nos jours.

Sourate Āl ʿImrân · 3 : 31
قُلۡ إِن كُنتُمۡ تُحِبُّونَ ٱللَّهَ فَٱتَّبِعُونِی یُحۡبِبۡكُمُ ٱللَّهُ وَیَغۡفِرۡ لَكُمۡ ذُنُوبَكُمۡۚ وَٱللَّهُ غَفُورٌ رَّحِیمٌ

En sens :

« Dis : Si vous aimez Allah, suivez-moi — Allah vous aimera et vous pardonnera vos péchés. Allah est Pardonneur et Miséricordieux. »

Sourate Al-Ahzâb · 33 : 21
لَّقَدۡ كَانَ لَكُمۡ فِی رَسُولِ ٱللَّهِ أُسۡوَةٌ حَسَنَةٌ لِّمَن كَانَ یَرۡجُوا۟ ٱللَّهَ وَٱلۡیَوۡمَ ٱلۡـَٔاخِرَ وَذَكَرَ ٱللَّهَ كَثِیرًا

En sens :

« Vous avez certes dans le Messager d'Allah un excellent modèle, pour quiconque espère en Allah et au Jour dernier et invoque souvent Allah. »

Les thèses du wahhabisme
et leurs réfutations

Pour chacune des cinq thèses ci-dessous, la position d'Ibn ʿAbd al-Wahhâb est d'abord exposée fidèlement telle qu'il la formulait, puis la réponse des savants sunnites lui est systématiquement opposée, issue de leurs ouvrages et correspondances contemporains.

Thèse d'Ibn ʿAbd al-Wahhâb
Réfutation des savants sunnites
١

Le tawassul par les prophètes et les saints

التَّوَسُّلُ بِالأَنْبِيَاءِ وَالأَوْلِيَاءِ

Thèse — Ibn ʿAbd al-Wahhâb

Visiter la tombe du Prophète ﷺ, faire tawassul par lui, par les prophètes ou les saints, les invoquer lors du tawassul, ou visiter leurs tombes constitue du shirk. Il en va de même pour quiconque dit « ce médicament m'a guéri » ou « ce saint m'a aidé », car attribuer un effet à autre qu'Allah — même par métaphore — est du polythéisme.

Réfutation — Savants sunnites

Le Prophète ﷺ lui-même enseignait la formule : « Ô Allah, je T'implore par le droit de ceux qui T'implorent. » Il pria pour Fâtima bint Asad « par le droit de ton Prophète » et prescrivit à l'aveugle la formule contenant « Ô Muhammad, je me tourne par toi vers mon Seigneur. » Adam ﷺ fit tawassul par le Prophète ﷺ. ʿUmar ؓ fit tawassul par al-ʿAbbâs devant tous. Ces actes prouvent que le tawassul est une pratique du Prophète ﷺ lui-même et non une innovation.

٢

L'analogie entre croyants et polythéistes adorateurs d'idoles

قِيَاسُ المُؤْمِنِينَ عَلَى عُبَّادِ الأَصْنَامِ

Thèse — Ibn ʿAbd al-Wahhâb

Les versets révélés au sujet des polythéistes s'appliquent aux croyants pratiquant le tawassul. La preuve : les polythéistes eux-mêmes croyaient que Allah seul crée, mais Allah les condamna pour avoir dit « nous ne les adorons que pour qu'ils nous rapprochent d'Allah ». Or les pratiquants du tawassul tiennent le même raisonnement — ils sont donc dans le même cas.

Réfutation — Savants sunnites

L'analogie est fondamentalement viciée. Les polythéistes croyaient à la divinité de leurs idoles et les vénéraient d'une vénération de seigneurie — c'est cette croyance qui constitua leur shirk. Les croyants, eux, savent que les prophètes et les saints sont des serviteurs créés, non dignes d'adoration ; ils cherchent par leur baraka la seule miséricorde divine. La différence de croyance est abyssale et rend le qiyâs invalide.

٣

Le takfîr collectif de la communauté musulmane

تَكْفِيرُ جَمَاهِيرِ المُسْلِمِينَ

Thèse — Ibn ʿAbd al-Wahhâb

Les musulmans sont dans le shirk depuis six siècles. Lui seul a redécouvert le vrai tawhîd. Il écrivit dans ses lettres qu'aucun de ses propres maîtres ne comprenait le sens de « Lâ ilâha illâ Allâh ». Quiconque refuse sa doctrine est un mécréant dont le sang et les biens sont licites.

Réfutation — Savants sunnites

Son maître le Shaykh al-Kurdî lui écrivit : « Tu n'as aucune voie pour taxer de mécréance la grande majorité des musulmans. C'est toi qui es isolé d'elle — et accuser de mécréance l'isolé est plus fondé, car il a suivi une voie autre que celle des croyants. » Prétendre que des millions de croyants sont dans le shirk revient à revendiquer une connaissance du ghayb sur l'état de leurs cœurs — prétention que les savants qualifièrent de calomnie manifeste.

٤

L'application des versets des mécréants aux croyants

تَحْمِيلُ آيَاتِ الكُفَّارِ عَلَى المُؤْمِنِينَ

Thèse — Ibn ʿAbd al-Wahhâb

Les versets coraniques comme « Qui est plus égaré que celui qui invoque, en dehors d'Allah, ce qui ne peut lui répondre ? » et « N'invoque pas, en dehors d'Allah, ce qui ne peut ni te profiter ni te nuire » s'appliquent intégralement aux croyants qui pratiquent le tawassul ou invoquent les saints.

Réfutation — Savants sunnites

Al-Bukhârî rapporte du Prophète ﷺ lui-même, en décrivant les Khârijites : « ils s'emparèrent de versets révélés pour les mécréants et les appliquèrent aux croyants. » Le Prophète ﷺ ajouta : « Ce que je crains le plus pour ma communauté, c'est un homme qui interprète le Coran en dehors de son contexte. » Ces versets, révélés pour les polythéistes adorateurs d'idoles, ne peuvent en aucun cas s'appliquer à un croyant qui croit que seul Allah agit et nuit.

٥

La visite des tombes des prophètes et des saints

زِيَارَةُ قُبُورِ الأَنْبِيَاءِ وَالأَوْلِيَاءِ

Thèse — Ibn ʿAbd al-Wahhâb

Visiter la tombe du Prophète ﷺ, lui adresser la parole devant sa tombe, lui demander l'intercession ou invoquer d'autres qu'Allah — qu'il s'agisse d'une personne absente, décédée ou même d'un inanimé — constitue du shirk. Les dômes érigés sur les tombes des saints sont des temples d'idolâtrie qu'il faut démolir.

Réfutation — Savants sunnites

La visite de la tombe du Prophète ﷺ fut pratiquée par les Compagnons ؓ, les Salaf et leurs successeurs sans discontinuité. Le Compagnon Bilâl ibn al-Hârith ؓ dit devant la tombe : « Ô Messager d'Allah, demande pour ta communauté la pluie. » Dans le tashahhud de chaque prière, tout musulman dit « La paix sur toi, ô Prophète » — c'est une invocation directe. Le Prophète ﷺ disait lui-même en visitant les tombes : « La paix sur vous, ô gens des tombes. » Ce qui est nuisible, c'est de croire en l'influence propre de celui qu'on invoque — non l'invocation elle-même.

Note méthodologique

Chaque paire ci-dessus expose d'abord la thèse d'Ibn ʿAbd al-Wahhâb telle qu'elle est formulée dans ses écrits et ses lettres, puis la réfutation qui lui fut opposée par les savants sunnites de son époque — notamment son propre maître le Shaykh Muhammad ibn Sulaymân al-Kurdî, son frère le Shaykh Sulaymân ibn ʿAbd al-Wahhâb, le Mufti Ahmad Dahlân, et le sayyid ʿAbd al-Rahmân al-Ahdal, mufti de Zabîd.

L'histoire du mouvement
wahhabite

De l'émergence d'Ibn ʿAbd al-Wahhâb dans le Najd jusqu'à la reconquête ottomane des Lieux Saints — une chronologie rigoureuse fondée sur les sources primaires.

1111 H · ~1699 CE
Naissance de Muhammad ibn ʿAbd al-Wahhâb

Né dans la région du Najd (Arabie orientale), au sein des Banû Tamîm. Son père, 'Abd al-Wahhâb, était un savant pieux, tout comme son frère Sulaymân. Les deux pressentaient dès sa jeunesse une déviation dans ses propos et ses penchants doctrinaux, et mettaient les gens en garde contre lui. Il étudie d'abord à Médine.

Vers 1143 H · ~1730 CE
Premières prédications et émergence publique

Ibn ʿAbd al-Wahhâb commence à diffuser ouvertement ses thèses : il déclare que les musulmans sont dans le shirk (polythéisme) depuis six siècles, que la visite de la tombe du Prophète ﷺ, le tawassul et l'invocation des saints constituent du shirk. Ses propres maîtres à Médine le désavouent publiquement et prédisent son égarement.

Vers 1157 H · ~1744 CE
Alliance avec Muhammad ibn Saʿûd à Dirʿiyya

Alliance politico-religieuse fondatrice : Ibn ʿAbd al-Wahhâb obtient le soutien armé de l'émir Muhammad ibn Saʿûd (des Banû Hanîfa, tribu de Musaylima le faux-prophète). Le mouvement devient une puissance militaire. Les tribus arabes sont soumises les unes après les autres, sous peine d'être déclarées mécréantes.

1165 H · 1752 CE
Condamnation formelle par les savants de La Mecque

Des émissaires wahhabites envoyés aux Haramayn pour « corriger » la croyance des savants sont confondus en débat public. Le juge de La Mecque sous l'émirat du shérif Masʿûd ibn Saʿîd rend un jugement de mécréance contre leurs croyances. Certains sont emprisonnés ; ceux qui s'enfuient à Dirʿiyya renforcent l'obstination du mouvement.

1200 H · 1786 CE
Mort d'Ibn ʿAbd al-Wahhâb — Le mouvement se poursuit

Ibn ʿAbd al-Wahhâb meurt après près d'un siècle de vie. Son alliance avec la famille Al Saʿûd lui survit. ʿAbd al-ʿAzîz ibn Muhammad ibn Saʿûd prend la tête militaire du mouvement et étend la conquête aux Yémen, aux tribus du Hedjaz, jusqu'aux abords de la Syrie (al-Muzayrîb).

1217–1218 H · 1802–1803 CE
Massacre de Tâʾif et prise de La Mecque

Les troupes wahhabites prennent Tâʾif lors du mois de Dhû al-Qaʿda 1217 H, massacrant hommes, femmes et enfants, ne laissant que quelques survivants. Elles entrent ensuite à La Mecque le 8 Muharram 1218 H après que les habitants, terrorisés, demandent l'amân. Elles y imposent quatorze jours de « renouvellement de l'islam » selon leur doctrine.

1220 H · 1805 CE
Siège de La Mecque, prise de Médine et pillage de la Chambre

Après un siège total qui affame la population au point qu'elle consomme des chiens, le shérif Ghâlib est contraint à la capitulation. Les Wahhâbites entrent à La Mecque fin Dhû al-Qaʿda 1220 H. Ils pillent la Chambre du Prophète ﷺ à Médine, confisquent ses trésors millénaires, nomment leurs émirs sur les deux villes, interdisent les caravanes du pèlerinage syrien et égyptien, et démolissent les dômes des saints.

1226–1233 H · 1811–1818 CE
Campagnes de Muhammad ʿAlî Bâshâ — Reconquête ottomane

L'ordre ottoman est donné à Muhammad ʿAlî, gouverneur d'Égypte, de combattre les Wahhâbites. Après une première défaite désastreuse (1226 H), la seconde campagne réussit grâce aux manœuvres secrètes du shérif Ghâlib : Médine, Jeddah, La Mecque et Tâʾif sont reprises en 1228 H sans combat. Le fils de Muhammad ʿAlî, Ibrâhîm Bâshâ, encercle et réduit Dirʿiyya en 1233 H.

Rabîʿ al-Awwal 1234 H · 1819 CE
Capture de ʿAbd Allâh ibn Saʿûd et destruction de Dirʿiyya

ʿAbd Allâh ibn Saʿûd est capturé et envoyé au Caire, puis exhibé dans Constantinople avant d'être exécuté à la porte d'Hamâyûn. Dirʿiyya est détruite de fond en comble et rendue inhabitable. Dans son coffre personnel, il porte trois Corans royaux, trois cents perles et une émeraude volés dans la Chambre du Prophète ﷺ.

17 décembre 1818 CE · Rabîʿ al-Awwal 1234 H
Exécution publique — La fin du Premier État saoudite-wahhabite

ʿAbd Allâh ibn Saʿûd, dernier souverain du Premier État saoudite-wahhabite, ainsi que l'imâm wahhabite de l'époque — petit-fils du successeur d'Ibn ʿAbd al-Wahhâb — sont conduits enchaînés à travers les rues principales d'Istanbul pour être exposés au regard du peuple. Le lendemain matin, ils sont présentés devant le Sultan et décapités publiquement pour leurs crimes contre les Villes et Mosquées Sacrées. Le conflit s'achève sur la défaite totale des forces wahhabites et la destruction du Premier État saoudite-wahhabite, restructurant durablement les équilibres de puissance dans la péninsule arabique.

Synthèse historique documentée

La Guerre sunnite ottomane
contre le Premier État wahhabite

La guerre ottomane-wahhabite (1811–1818) constitue un tournant décisif : le Califat ottoman sunnite, avec le soutien du gouverneur sunnite d'Égypte, le commandant albanais Muhammad ʿAlî Bâshâ, lança une campagne pour rétablir son autorité sur la péninsule arabique et mettre fin à la fitna wahhabite.

Dès 1812, le Califat ottoman sunnite avait repris al-Madîna al-Munawwara des mains des Khawârij wahhabites. L'année suivante, en 1813, Makkah al-Mukarrama fut libérée.

La bataille décisive

La Bataille de Dirʿiyya — 1818

En 1818, l'armée ottomane-égyptienne commandée par Ibrâhîm Bâshâ, fils de Muhammad ʿAlî, détruisit entièrement les forces de ʿAbd Allâh ibn Saʿûd et s'empara de leur capitale, Dirʿiyya dans le Najd.

ʿAbd Allâh ibn Saʿûd fut capturé avec deux de ses partisans wahhabites, dont le fils du successeur d'Ibn ʿAbd al-Wahhâb al-Najdî — son petit-fils —, qui était à l'époque le principal savant des Wahhabites. Ils furent conduits à Istanbul et, après avoir été promenés enchaînés dans les principales rues de la ville, jetés en prison.

Le matin du 17 décembre 1818, ʿAbd Allâh ibn Saʿûd — dernier souverain du Premier État saoudite-wahhabite, fondé par la famille Al Saʿûd qui gouverne aujourd'hui l'Arabie Saoudite — et son imâm furent présentés devant le Sultan et décapités publiquement pour leurs crimes contre les Villes et Mosquées Sacrées.

Le conflit s'acheva sur la défaite totale des forces wahhabites et la destruction du Premier État saoudite-wahhabite, restructurant durablement les équilibres de puissance dans la région. La tradition savante sunnite — ottomane, égyptienne et des Haramayn — avait unanimement soutenu cette campagne comme une obligation de défendre la Oumma contre la fitna.

Sourate An-Nisâʾ · 4 : 64
وَمَاۤ أَرۡسَلۡنَا مِن رَّسُولٍ إِلَّا لِیُطَاعَ بِإِذۡنِ ٱللَّهِۚ وَلَوۡ أَنَّهُمۡ إِذ ظَّلَمُوۤا۟ أَنفُسَهُمۡ جَاۤءُوكَ فَٱسۡتَغۡفَرُوا۟ ٱللَّهَ وَٱسۡتَغۡفَرَ لَهُمُ ٱلرَّسُولُ لَوَجَدُوا۟ ٱللَّهَ تَوَّابًا رَّحِیمًا

En sens :

« Nous n'avons envoyé aucun messager sinon pour qu'il soit obéi, par la permission d'Allah. Et si, lorsqu'ils avaient lésé leurs propres âmes, ils étaient venus à toi en demandant pardon à Allah, et que le Messager eût demandé pardon pour eux, ils auraient trouvé Allah Pardonneur et Miséricordieux. »

Ce verset établit explicitement la licéité — et la vertu — de venir vers le Prophète ﷺ pour solliciter son istighfâr, pratique que le courant wahhabite assimile à tort au shirk.

Hadîth authentique · Sahîh al-Bukhârî et autres recueils
يَخْرُجُ أُنَاسٌ مِنْ قِبَلِ المَشْرِقِ يَقْرَؤُونَ القُرْآنَ لَا يُجَاوِزُ تَرَاقِيَهُمْ، يَمْرُقُونَ مِنَ الدِّينِ كَمَا يَمْرُقُ السَّهْمُ مِنَ الرَّمِيَّةِ، سِيمَاهُمُ التَّحْلِيقُ

En sens :

« Des gens surgiront de l'Orient, récitant le Coran sans qu'il dépasse leurs clavicules ; ils traverseront la religion comme la flèche traverse le gibier — leur signe distinctif est le rasage de la tête. »

Hadîth authentique · Sahîh al-Bukhârî · Livre des Fitna
اللَّهُمَّ بَارِكْ لَنَا فِي شَامِنَا، اللَّهُمَّ بَارِكْ لَنَا فِي يَمَنِنَا. قَالُوا: وَفِي نَجْدِنَا؟ قَالَ: اللَّهُمَّ بَارِكْ لَنَا فِي شَامِنَا، اللَّهُمَّ بَارِكْ لَنَا فِي يَمَنِنَا. قَالُوا: وَفِي نَجْدِنَا؟ قَالَ: هُنَاكَ الزَّلَازِلُ وَالفِتَنُ، وَبِهَا يَطْلُعُ قَرْنُ الشَّيْطَانِ

En sens :

« Ô Allah, bénis-nous dans notre Shâm. Ô Allah, bénis-nous dans notre Yémen. » Les Compagnons dirent : « Et dans notre Najd ? » Il dit : « Ô Allah, bénis-nous dans notre Shâm. Ô Allah, bénis-nous dans notre Yémen. » Ils dirent : « Et dans notre Najd ? » Il dit : « C'est là que sont les séismes et les fitna — et c'est de là que surgit la Corne du diable. »

Preuves savantes — Le Najd désigne la région d'où est issue la doctrine wahhabite

Ibn Hajar al-ʿAsqalânî (m. 852 H) précise dans Fath al-Bârî, son commentaire du Sahîh d'al-Bukhârî, que le Najd visé dans ce hadith désigne la région à l'est de Médine — correspondant géographiquement à ce que l'on nomme aujourd'hui le Najd saoudien. Il réfute l'interprétation qui voudrait que le terme désigne l'Irak, en s'appuyant sur le sens linguistique et la configuration géographique des tribus arabes de l'époque.

Ibn Hajar al-ʿAsqalânî · Fath al-Bârî · Commentaire du Sahîh al-Bukhârî · 852 H

Al-Kirmânî (m. 786 H) indique dans son commentaire du Bukhârî que le Najd mentionné est bien la région arabique du même nom, terrain naturel et historique des plus grandes fitna qui ébranlèrent la communauté musulmane. Il note que le Prophète ﷺ refusa par trois fois d'invoquer la bénédiction divine sur cette région, ce qui constitue une mise en garde prophétique explicite.

Al-Kirmânî · Al-Kawâkib al-Darârî fî sharh Sahîh al-Bukhârî · 786 H

Ibn al-ʿArabî al-Mâlikî (m. 543 H), dans son commentaire du Sunan d'Abû Dâwûd, explique que la « Corne du diable » (qarn al-Shaytân) désigne le groupe humain par lequel le diable se manifeste et répand la fitna. Il établit un lien direct avec les hadith décrivant les Khârijites qui surgissent de l'Orient et qu'il identifie précisément au Najd arabique.

Ibn al-ʿArabî al-Mâlikî · ʿÂridat al-Ahwadhî · 543 H

Le Shaykh Sulaymân ibn ʿAbd al-Wahhâb (frère du fondateur du wahhabisme, m. 1208 H) écrivit dans son ouvrage de réfutation Al-Sawâʿiq al-Ilâhiyya fî l-radd ʿalâ l-Wahhâbiyya que son frère Muhammad était précisément l'accomplissement de ce que le Prophète ﷺ avait annoncé concernant le Najd — surgissant de cette région, propageant la fitna, et constituant la Corne du diable que le Prophète ﷺ avait refusé de bénir par trois fois.

Shaykh Sulaymân ibn ʿAbd al-Wahhâb · Al-Sawâʿiq al-Ilâhiyya fî l-radd ʿalâ l-Wahhâbiyya · Frère du fondateur · 1208 H

Ahmad Dahlân al-Makkî (m. 1304 H), auteur de la Fitnatu l-Wahhâbiyya présentée sur ce site, rapporte que les savants de son époque appliquaient unanimement ce hadith au mouvement wahhabite issu du Najd, soulignant que son fondateur était natif de cette région et que toutes les caractéristiques prophétiques décrites — le surgissement de l'Orient, le rasage de la tête imposé, le mâriq min al-dîn — s'y vérifiaient point par point.

Ahmad ibn Zayn Dahlân al-Makkî · Fitnatu l-Wahhâbiyya · Mufti Shâfiʿite de La Mecque · 1304 H

Fitnatu l-Wahhâbiyya

فِتْنَةُ الوَهَّابِيَّةِ

Ahmad ibn Zayn Dahlân al-Makkî al-Shâfiʿî  ·  Mufti des Shâfiʿites à La Mecque la Vénérée  ·  1231 — 1304 H

Ahmad Dahlân était le Shaykh al-Islâm et Mufti des Shâfiʿites à La Mecque de son temps, témoin direct des événements qu'il décrit. Ce traité retrace l'histoire de la fitna wahhabite, expose ses fondements doctrinaux et les réfutations que lui opposèrent les savants sunnites. La traduction française ci-dessous en présente l'intégralité, divisée en chapitres et aérée pour faciliter la lecture.

01

Biographie de l'auteur

À retenir

Ahmad Dahlân : mufti shâfiʿite de La Mecque, né 1231 H, mort 1304 H. Auteur de nombreux ouvrages imprimés dont ce traité sur la fitna wahhabite.

Il s'agit d'Ahmad ibn Zayn ibn Ahmad Dahlân al-Makkî al-Shâfiʿî — juriste, historien, versé dans de nombreuses disciplines, mufti des maîtres shâfiʿites à La Mecque la Vénérée, et Shaykh al-Islâm de son temps.

Il naquit à La Mecque en l'an 1231 de l'Hégire et mourut à Médine au mois de Muharram de l'an 1304 de l'Hégire.

Il a laissé de nombreux ouvrages imprimés et en circulation, parmi lesquels : Al-Azhâr al-Zayniyya fî sharh matn al-Alfiyya, Târîkh al-duwal al-islâmiyya, Al-Durar al-saniyya fî l-radd ʿalâ l-Wahhâbiyya, Nahal al-ʿatshân fî tajwîd al-Qurʾân, Khulâsat al-kalâm fî umarâʾ al-balad al-harâm, Al-Futûhât al-islâmiyya, et d'autres encore.

Parmi ces ouvrages figure ce petit traité que le lecteur tient entre les mains — nous espérons que les lecteurs en tireront profit, et Allah est le garant de l'intention.

02

Le contexte historique de la fitna

À retenir

Sous Selîm III (1204–1222 H), deux fitna éclatent : la fitna wahhabite en Arabie et l'occupation française de l'Égypte. Les combats entre les Wahhabites et le shérif Ghâlib débutent en 1205 H.

Sache que sous le sultan Selîm III (1204–1222 H), de nombreuses fitna surgirent durant son règne. Parmi elles, la fitna wahhabite qui se produisit dans le Hedjaz, au point qu'ils s'emparèrent des deux Lieux Saints et bloquèrent l'arrivée des pèlerins de Syrie et d'Égypte.

Parmi elles également, la fitna des Français lorsqu'ils s'emparèrent de l'Égypte, de l'an 1213 à l'an 1216 de l'Hégire. Nous évoquerons ces deux fitna de manière résumée, car chacune est détaillée dans les livres d'histoire et a fait l'objet d'opuscules spécifiques.

Quant à la fitna wahhabite, les combats entre eux et l'émir de La Mecque, notre maître le shérif Ghâlib ibn Musâʿid — représentant de la Sublime Porte sur les territoires du Hedjaz — débutèrent en l'an 1205 H.

Quant au tout premier surgissement des Wahhabites, il eut lieu bien des années auparavant. Leur force et puissance s'affirmèrent d'abord dans leur propre pays, puis leur mal s'accrut, leur nuisance s'étendit, leur domination s'élargit. Ils tuèrent des créatures sans nombre, pillèrent leurs biens et réduisirent leurs femmes en captivité.

03

Le fondateur et ses origines

À retenir

Muhammad ibn ʿAbd al-Wahhâb, des Banû Tamîm, né 1111 H, mort 1200 H, fut étudiant à Médine. Son père, son frère Sulaymân et ses maîtres pressentaient son égarement et mettaient les gens en garde contre lui — Allah confirma leur perspicacité.

Le fondateur de leur doctrine perverse était Muhammad ibn ʿAbd al-Wahhâb, originaire de l'Orient, des Banû Tamîm. Il compta parmi les personnes ayant vécu longtemps, au point d'être quasi considéré parmi ceux dont le délai fut prorogé — car il vécut près de cent ans, le temps que son égarement se répande.

Il naquit en l'an 1111 H et mourut en l'an 1200 H. Certains fixèrent sa mort par la sentence : « La perdition du pervers apparut » (1206 H). Au début de son parcours, il était parmi les étudiants en sciences islamiques à Médine la Lumineuse — sur son habitant la plus excellente des prières et des salutations.

Son père était un homme pieux parmi les gens de savoir, tout comme son frère le Shaykh Sulaymân. Son père, son frère et ses maîtres pressentaient en lui une déviation et un égarement à venir, au vu de ses propos, de ses actes et de ses penchants dans de nombreuses questions. Ils le réprimandaient et mettaient les gens en garde contre lui.

Allah confirma leur perspicacité lorsqu'il introduisit la déviation et l'égarement par lesquels il égara les ignorants, contredit les imams de la religion, et parvint à accuser les croyants de mécréance.

04

Les croyances d'Ibn ʿAbd al-Wahhâb et son alliance avec les Saʿûd

À retenir

Il déclara shirk le tawassul, la visite des tombes et l'invocation des saints. Il s'allia avec les Saʿûd de Dirʿiyya (des Banû Hanîfa, tribu de Musaylima le menteur). Quiconque refusait leur doctrine était déclaré mécréant dont le sang et les biens sont licites. Émergence : 1143 H. Diffusion : après 1150 H.

Il prétendit que la visite de la tombe du Prophète ﷺ, le tawassul par lui et par les prophètes, les saints et les pieux, ainsi que la visite de leurs tombes, constituaient du shirk. Il affirma que l'invocation du Prophète ﷺ lors du tawassul était du shirk, de même que l'invocation de tout autre prophète, saint ou homme pieux.

Il affirma encore que quiconque attribue quoi que ce soit à autre qu'Allah — même par métaphore intellectuelle — devient polythéiste. Par exemple : dire « ce médicament m'a été utile » ou « ce saint a intercédé pour moi ». Il s'appuya sur des arguments infondés et avança des formules trompeuses pour induire les gens du commun en erreur, rédigeant des opuscules jusqu'à ce qu'ils croient en la mécréance de la majorité des gens du tawhîd.

Il entra en contact avec les princes de Dirʿiyya et en fit des alliés, en faisant de leur soutien un moyen de renforcer leur pouvoir. Les Arabes nomades devinrent leurs soldats sans contrepartie. Ils en vinrent à croire que quiconque refuse leur doctrine est un mécréant dont le sang et les biens sont licites.

Ses affaires commencèrent à émerger en 1143 H et leur diffusion débuta après 1150 H. Les savants composèrent de nombreuses réfutations — jusqu'à son propre frère le Shaykh Sulaymân et le reste de ses maîtres.

Son principal soutien armé fut Muhammad ibn Saʿûd, prince de Dirʿiyya — des Banû Hanîfa, la tribu de Musaylima le menteur. À sa mort, son fils ʿAbd al-ʿAzîz ibn Muhammad ibn Saʿûd lui succéda et poursuivit la même voie.

05

Ses arguments fallacieux et leur réfutation

À retenir

Ibn ʿAbd al-Wahhâb appliquait aux croyants les versets révélés pour les polythéistes adorateurs d'idoles. Les savants réfutèrent : les croyants n'ont jamais attribué la divinité aux prophètes ni aux saints. C'est la croyance en la divinité des idoles qui fut la cause réelle de la mécréance des polythéistes — non leur simple parole « pour nous rapprocher d'Allah ».

Il prétendit que les gens se trouvaient dans le shirk depuis six cents ans et qu'il renouvelait leur religion. Il appliqua aux gens du tawhîd les versets coraniques révélés au sujet des polythéistes, comme : « Qui est plus égaré que celui qui invoque, en dehors d'Allah, ce qui ne peut lui répondre jusqu'au Jour de la Résurrection ? » et « N'invoque pas, en dehors d'Allah, ce qui ne peut ni te profiter ni te nuire. »

Il dit que quiconque implore le Prophète ﷺ ou les saints est semblable aux polythéistes qui disaient : « Nous ne les adorons que pour qu'ils nous rapprochent d'Allah. » Il argua que les polythéistes eux-mêmes croyaient que Allah seul crée — et qu'Allah ne les condamna à la mécréance qu'en raison de cette parole.

Parmi les réfutations des savants : ce raisonnement est fondamentalement erroné, car les croyants n'ont jamais pris les prophètes ni les saints comme divinités et ne croient pas qu'ils méritent l'adoration.

Quant aux polythéistes, ils croyaient réellement à la divinité de leurs idoles et les vénéraient d'une vénération de seigneurie. C'est précisément cette croyance en leur divinité qui les précipita dans le shirk — et non leur simple parole « pour nous rapprocher d'Allah », qui n'était qu'une excuse avancée après coup.

Comment donc assimiler les croyants monothéistes, qui ne croient en aucune divinité autre qu'Allah, à ces polythéistes qui croyaient réellement à la divinité de leurs idoles ? Tous ces versets concernent spécifiquement les mécréants et aucun croyant ne saurait y être inclus.

06

Les preuves des croyants — seul Allah agit

À retenir

La croyance correcte des musulmans est que seul Allah crée, nuit et profite. Attribuer un effet à un médicament est simple métaphore intellectuelle — l'islam est preuve suffisante contre toute accusation de shirk. Al-Bukhârî rapporte que le Prophète ﷺ décrivit les Khârijites comme ceux qui appliquent aux croyants les versets révélés pour les mécréants — exactement comme Ibn ʿAbd al-Wahhâb.

La croyance des musulmans est que le Créateur, Celui qui nuit et qui profite, est Allah seul — et ils ne croient à aucune influence effective pour quiconque en dehors de Lui. Les prophètes et les saints ne créent rien et ne possèdent ni tort ni bienfait ; c'est Allah qui fait miséricorde à Ses serviteurs par leur baraka.

Attribuer une action à autre qu'Allah sans croire en son influence propre est simple métaphore intellectuelle — comme dire « cette nourriture m'a rassasié » ou « cette eau m'a désaltéré ». Quand ces paroles émanent d'un musulman, l'islam lui-même est une preuve suffisante de sa bonne croyance.

Al-Bukhârî rapporte de ʿAbd Allâh ibn ʿUmar ؓ, du Prophète ﷺ, en décrivant les Khârijites, qu'ils « s'emparèrent de versets révélés pour les mécréants et les appliquèrent aux croyants. » Et dans une autre transmission : « Ce que je crains le plus pour ma communauté, c'est un homme qui interprète le Coran en dehors de son contexte. »

Ces deux descriptions s'appliquent parfaitement à cette faction. Si quelque chose parmi ce que font les croyants — le tawassul et autres pratiques — était du shirk, cela n'aurait jamais émané du Prophète ﷺ, de ses Compagnons, ni des générations antérieures et postérieures de la communauté.

07

Les preuves du tawassul dans la Sunna authentique

À retenir

Le tawassul est prouvé par des hadiths authentiques pratiqués par le Prophète ﷺ lui-même : la formule « par le droit de ceux qui T'implorent » ; la prière pour Fâtima bint Asad ; la formule prescrite à l'aveugle « Ô Muhammad, je me tourne par toi vers mon Seigneur » ; le tawassul d'Adam ﷺ par le Prophète ﷺ ; le tawassul de ʿUmar ؓ par al-ʿAbbâs lors d'une sécheresse.

Les hadiths authentiques rapportent que parmi les invocations du Prophète ﷺ figurait : « Ô Allah, je T'implore par le droit de ceux qui T'implorent. » C'est là un tawassul indubitable qu'il enseignait à ses Compagnons et leur ordonnait de prononcer.

Il est authentiquement établi que lorsque Fâtima bint Asad, mère de ʿAlî ؓ, mourut, le Prophète ﷺ la plaça de ses nobles mains dans la tombe en disant : « Ô Allah, pardonne à ma mère Fâtima bint Asad, élargis pour elle son entrée, par le droit de ton Prophète et des prophètes qui m'ont précédé — Tu es le plus Miséricordieux des miséricordieux. »

Il prescrivit à un aveugle qui lui demandait de recouvrer la vue de se purifier, de prier deux rakʿas, puis de dire : « Ô Allah, je T'implore et me tourne vers Toi par ton Prophète Muhammad, le Prophète de la miséricorde — Ô Muhammad, je me tourne par toi vers mon Seigneur pour que mon besoin soit exaucé — Ô Allah, accepte son intercession en ma faveur. » L'homme le fit et Allah lui rendit la vue.

Il est authentiquement établi qu'Adam ﷺ fit tawassul par notre Prophète ﷺ lorsqu'il mangea de l'arbre. Allah lui avait dit que ce Prophète ﷺ était un descendant parmi ses descendants, et que sans lui, Il ne l'aurait pas créé. Adam supplia alors : « Ô Allah, par la sainteté de ce descendant, aie pitié de ce père. » Et il lui fut proclamé : « Ô Adam, si tu intercédais auprès de Nous par Muhammad pour tous les habitants des cieux et de la terre, Nous accepterions ton intercession. »

ʿUmar ibn al-Khattâb ؓ fit tawassul par al-ʿAbbâs ؓ lors d'une sécheresse, en présence des Compagnons. Ces exemples et d'autres notoires ne laissent aucun doute sur l'enracinement du tawassul dans la pratique prophétique et celle des Compagnons.

08

La réfutation du Shaykh al-Kurdî — propre maître d'Ibn ʿAbd al-Wahhâb

À retenir

Le Shaykh Muhammad ibn Sulaymân al-Kurdî, l'un des plus grands maîtres d'Ibn ʿAbd al-Wahhâb lui-même, lui écrivit que taxer de mécréance la masse des musulmans est une déviation. C'est l'isolé par rapport à la grande majorité qui mérite davantage ce reproche. La visite de la tombe du Prophète ﷺ est pratique attestée des Compagnons et de leurs successeurs.

Parmi ceux qui composèrent des réfutations contre Ibn ʿAbd al-Wahhâb figure son plus grand maître en personne : le Shaykh Muhammad ibn Sulaymân al-Kurdî, auteur des annotations du commentaire d'Ibn Hajar sur le matn de Bâ Fadl.

Il lui dit notamment : « Ô Ibn ʿAbd al-Wahhâb, je te conseille sincèrement pour Allah de retenir ta langue envers les musulmans. Si tu entends quelqu'un croire à l'influence propre de celui qu'il implore en dehors d'Allah, explique-lui ce qui est juste et apporte-lui les preuves qu'il n'y a d'influence que pour Allah — s'il s'y refuse, alors condamne-le à titre individuel. Mais tu n'as aucune voie pour taxer de mécréance la grande majorité des musulmans. »

« C'est toi qui es isolé de cette grande majorité, et accuser de mécréance celui qui s'isole d'elle est plus fondé, car il a suivi une autre voie que celle des croyants. Le Très-Haut dit : "Quiconque s'oppose au Messager après que la voie droite lui eut été montrée et suit une autre voie que celle des croyants, Nous le dirigerons vers ce qu'il a choisi et le ferons brûler dans l'Enfer." Le loup ne mange que de la brebis égarée. »

Quant à la visite de la tombe du Prophète ﷺ, les Compagnons ؓ la pratiquèrent, ainsi que leurs successeurs parmi les Salaf et les générations suivantes, et des hadiths mentionnant ses mérites ont fait l'objet d'opuscules spécifiques.

09

L'invocation d'autres qu'Allah dans la Sunna

À retenir

Plusieurs hadiths authentiques établissent la licéité d'invoquer des absents, des défunts ou des inanimés. L'invocation ne devient répréhensible que si l'on croit en l'influence propre de la personne invoquée. Dès lors que seul Allah est cru actif, il n'y a aucun tort.

Parmi ce qui est rapporté en matière d'invocation d'autres qu'Allah — absents, morts ou inanimés — figure la parole du Prophète ﷺ : « Si la monture de l'un d'entre vous s'emballe en pleine terre déserte, qu'il crie : Ô serviteurs d'Allah, retenez-la ! Car Allah a des serviteurs qui lui répondent. »

Et dans un autre hadith : « Si l'un de vous perd quelque chose ou a besoin d'aide en une terre sans habitant, qu'il dise : Ô serviteurs d'Allah, aidez-moi — secourez-moi, car Allah a des serviteurs que vous ne voyez pas. » Lorsqu'il voyageait et que la nuit tombait, le Prophète ﷺ disait : « Ô terre, mon Seigneur et ton Seigneur est Allah. »

Lorsqu'il visitait les tombes, le Prophète ﷺ disait : « La paix sur vous, ô gens des tombes. » Et dans le tashahhud que tout musulman récite dans chaque prière figure l'invocation directe au Prophète ﷺ : « La paix sur toi, ô Prophète. »

La conclusion est que l'invocation et le tawassul ne comportent aucun tort, sauf si l'on croit à l'influence propre de celui qu'on invoque. Dès lors qu'on croit que l'influence appartient à Allah seul, il n'y a aucun tort. Ce qui a été exposé suffit à réfuter Ibn ʿAbd al-Wahhâb — quiconque souhaite un exposé plus développé se reportera aux ouvrages composés à cet effet.

10–12

L'expansion, le massacre de Tâʾif et la prise des Haramayn

À retenir

Émissaires wahhabites réfutés et condamnés à La Mecque (1165 H). En 1217 H, massacre de Tâʾif — hommes, femmes et enfants. Entrée à La Mecque 1218 H. En 1220 H, siège total : les habitants mangent des chiens. Pillage de la Chambre du Prophète ﷺ à Médine. Sept ans de domination. Interdiction du pèlerinage syrien et égyptien. Démolition des dômes des saints.

Lorsque Ibn ʿAbd al-Wahhâb et ses partisans se dressèrent pour leur appel pervers, ils s'emparèrent des tribus d'Orient l'une après l'autre. Leur domination s'étendit ensuite au Yémen, aux Deux Lieux Saints et aux tribus du Hedjaz, atteignant les abords de la Syrie.

Au début de leur entreprise, ils avaient envoyé des émissaires aux Haramayn pour corrompre les croyances des savants. Ceux-ci les réfutèrent et les trouvèrent semblables à des ânes effarouchés fuyant un lion. Ils rédigèrent contre eux un acte devant le juge de La Mecque stipulant leur mécréance — cela se produisit sous l'émirat du shérif Masʿûd, mort en 1165 H.

En l'an 1217 H, ils assiégèrent Tâʾif durant le mois de Dhû al-Qaʿda, s'en emparèrent et massacrèrent ses habitants — hommes, femmes et enfants — seul un petit nombre en réchappa. Ils pillèrent tous leurs biens. Ils entrèrent ensuite à La Mecque le 8 Muharram 1218 H et y restèrent quatorze jours à « renouveler l'islam » selon leur prétention.

Puis en l'an 1220 H, ils encerclèrent La Mecque de toutes parts, coupèrent les routes et bloquèrent les vivres. La situation devint si critique que les habitants mangèrent des chiens tant la famine était sévère. Le shérif Ghâlib fut contraint à la capitulation.

Ils s'emparèrent de Médine la Lumineuse, pillèrent la Chambre du Prophète ﷺ et en emportèrent les richesses millénaires, commettant des actes abominables. Ils nommèrent leurs propres émirs sur les deux villes.

Leur domination sur les Haramayn dura sept ans. Ils interdirent les caravanes du pèlerinage syrien et égyptien avec leurs mahmals. Ils couvrirent la Kaʿba d'un simple tissu de laine noire. Ils contraignirent les gens à embrasser leur doctrine, interdirent le tabac et châtièrent sévèrement tout contrevenant. Ils démolièrent les dômes érigés sur les tombes des saints.

13–15

Les campagnes de Muhammad ʿAlî et la reconquête des Haramayn

À retenir

L'ordre ottoman est donné en 1226 H. Première armée (Tûsûn Bâshâ) : défaite totale en Dhû al-Hijja 1226 H. Deuxième campagne (1227 H) : victoire grâce aux manœuvres secrètes du shérif Ghâlib. Médine, Jeddah et La Mecque reprises sans combat en 1227–1228 H. ʿUthmân al-Mudâyifî arrêté et exécuté. Le shérif Ghâlib lui-même arrêté, exilé à Salonique, mort 1231 H.

L'État ottoman était alors dans un grand trouble, engagé dans de durs combats contre les chrétiens et secoué par des conflits autour de la déposition de sultans. L'ordre sultanien fut alors émis à Muhammad ʿAlî Bâshâ, gouverneur d'Égypte, de préparer l'expédition contre les Wahhabites — c'était en l'an 1226 H.

Il équipa une armée sous le commandement de son fils Tûsûn Bâshâ. Ils quittèrent l'Égypte en Ramadân. Un violent combat éclata entre al-Safrâʾ et al-Hadîda en Dhû al-Hijja 1226 H — l'armée fut totalement mise en déroute et seul un petit nombre rentra en Égypte.

Il équipa une autre armée en 1227 H, mieux préparée, avec dix-huit canons et trois lance-bombes. Les troupes prirent al-Safrâʾ et al-Hadîda sans combat, par la ruse et l'achat des chefs tribaux — le tout orchestré secrètement par le shérif Ghâlib, qui était extérieurement sous l'obéissance des Wahhabites.

Les troupes entrèrent à Médine fin Dhû al-Qaʿda, puis à Jeddah début Muharram 1228 H, puis à La Mecque — le tout sans combat. ʿUthmân al-Mudâyifî, l'émir wahhabite de Tâʾif, fut arrêté par le shérif Ghâlib, envoyé enchaîné à la Porte Sublime et exécuté.

Muhammad ʿAlî Bâshâ, arrivé personnellement dans le Hedjaz, fit arrêter le shérif Ghâlib lui-même et l'envoya à la Porte Sublime. Celui-ci fut exilé à Salonique où il mourut honoré en 1231 H, après vingt-six ans d'émirat sur La Mecque.

16–17

La destruction de Dirʿiyya et la fin d'Ibn Saʿûd

À retenir

Ibrâhîm Bâshâ assiège Dirʿiyya et capture ʿAbd Allâh ibn Saʿûd en Dhû al-Qaʿda 1233 H. Dans son coffre : des Corans royaux, des perles et une émeraude volés dans la Chambre du Prophète ﷺ. Dirʿiyya est détruite totalement. ʿAbd Allâh est exhibé enchaîné dans les rues de Constantinople, puis décapité devant la porte d'Hamâyûn.

Muhammad ʿAlî Bâshâ envoya son fils Ibrâhîm Bâshâ avec une armée pour réduire le reste de la résistance wahhabite à Dirʿiyya. Ibrâhîm atteignit Dirʿiyya en 1232 H et assiégea ʿAbd Allâh ibn Saʿûd en Dhû al-Qaʿda 1233 H. Lorsque la nouvelle parvint en Égypte, on tira mille coups de canon et on illumina l'Égypte et ses villages pendant sept jours.

ʿAbd Allâh ibn Saʿûd arriva au Caire le 17 Muharram 1234 H. Muhammad ʿAlî Bâshâ se leva pour l'accueillir et s'entretint avec lui courtoisement. ʿAbd Allâh portait avec lui un coffre ferré : il contenait trois Corans des trésors royaux d'une beauté sans pareille, trois cents grandes perles, une grande émeraude et une lanière d'or — ce que son père avait pris dans la Chambre du Prophète ﷺ lors du pillage de Médine.

Le bâshâ dit : « Ce que vous avez pris de la Chambre était bien plus que cela. » ʿAbd Allâh répondit que son père n'avait pas tout gardé pour lui — que les Arabes, les habitants de Médine et le shérif de La Mecque en avaient également pris. Le bâshâ confirma avoir effectivement retrouvé des pièces chez le shérif.

On envoya ensuite ʿAbd Allâh ibn Saʿûd à Constantinople. Ibrâhîm Bâshâ rentra en Égypte en Muharram 1235 H, après avoir détruit Dirʿiyya de fond en comble — au point qu'on abandonna définitivement son habitation.

Lorsque ʿAbd Allâh arriva à Constantinople en Rabîʿ al-Awwal, on le fit parader enchaîné dans les rues pour que le peuple le voie, puis on l'exécuta devant la porte d'Hamâyûn. Ses compagnons furent également exécutés dans différents endroits de la ville.

18

Conclusion — Les signes prophétiques de cette fitna

À retenir

La fitna wahhabite fut l'une des grandes calamités de l'islam. Elle est annoncée dans des hadiths authentiques, dont le plus probant : « leur signe distinctif est le rasage de la tête » — trait unique à ce groupe parmi tous les innovateurs. Parmi les pratiques scandaleuses de l'auteur : l'exécution d'un muezzin aveugle pour avoir prononcé la prière sur le Prophète ﷺ après l'appel à la prière.

Voici le résumé le plus condensé de l'histoire des Wahhabites — si l'on devait développer chaque question, le propos serait long. Leur fitna fut l'une des calamités qui frappèrent les gens de l'islam : ils répandirent beaucoup de sang, pillèrent beaucoup de biens, leur nuisance fut générale et leurs étincelles volèrent dans tous les sens. Il n'y a de force ni de puissance qu'en Allah.

De nombreux hadiths du Prophète ﷺ annoncent explicitement cette fitna, comme sa parole : « Des gens surgiront de l'Orient, récitant le Coran sans qu'il dépasse leurs clavicules ; ils traverseront la religion comme la flèche traverse le gibier — leur signe distinctif est le rasage de la tête. » Ce hadith est rapporté par de nombreuses voies de transmission, dont certaines dans le Sahîh d'al-Bukhârî.

Dans la mention du rasage de la tête figure une désignation explicite de cette faction, car ils ordonnaient à quiconque les rejoignait de se raser la tête — trait qui ne s'appliquait à aucune des factions des Khârijites et des innovateurs qui les avaient précédés. Le sayyid ʿAbd al-Rahmân al-Ahdal, mufti de Zabîd, disait : « Il n'est nul besoin de réfutations contre les Wahhabites — il suffit du hadith : "leur signe distinctif est le rasage de la tête", car aucun innovateur ne l'a pratiqué avant eux. »

Il arriva une fois qu'une femme, contrainte de les rejoindre, mit Ibn ʿAbd al-Wahhâb en défaut lorsqu'il lui ordonna de se raser la tête. Elle lui dit : « Puisque tu ordonnes à la femme de se raser la tête, il conviendrait que tu ordonnes à l'homme de se raser la barbe — car la chevelure de la femme est sa parure, tout comme la barbe de l'homme est la sienne. » Il ne trouva rien à lui répondre.

Parmi leurs autres pratiques : ils interdisaient la demande d'intercession du Prophète ﷺ — alors que les hadiths sur l'intercession sont nombreux et transmis en masse. Ils interdisaient la lecture des Dalâʾil al-Khayrât — ce recueil de prières sur le Prophète ﷺ contenant l'évocation de ses nobles attributs — en disant que c'était du shirk. Ils interdisaient la prière sur le Prophète ﷺ sur les minbars après l'appel à la prière.

Au point qu'un homme pieux et aveugle, qui était muezzin, prononça la prière sur le Prophète ﷺ après l'appel à la prière alors que cela était déjà interdit par eux. On l'amena devant Ibn ʿAbd al-Wahhâb, qui ordonna de le tuer — et il fut tué. Si je devais consigner tout ce qu'ils faisaient de semblable, je remplirais des registres entiers. Ce qui a été dit suffit, et Allah — Gloire à Lui le Très-Haut — est le Plus Savant.

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Les savants qui ont
réfuté le wahhabisme

Des quatre écoles juridiques, de l'époque du fondateur jusqu'au siècle dernier — une tradition savante unanime.

يَا ابْنَ عَبْدِ الوَهَّابِ، إِنِّي أَنْصَحُكَ للهِ تَعَالَى أَنْ تَكُفَّ لِسَانَكَ عَنِ المُسْلِمِينَ … وَأَنْتَ شَاذٌّ عَنِ السَّوَادِ الأَعْظَمِ فَنِسْبَةُ الكُفْرِ إِلَى مَنْ شَذَّ عَنِ السَّوَادِ الأَعْظَمِ أَقْرَبُ

« Ô Ibn ʿAbd al-Wahhâb, je te conseille sincèrement pour Allah de retenir ta langue envers les musulmans… C'est toi qui es isolé de la grande majorité des croyants, et accuser de mécréance celui qui s'isole d'elle est plus fondé que l'inverse. »

Shaykh Muhammad ibn Sulaymân al-Kurdî
Shâfiʿite · Grand maître d'Ibn ʿAbd al-Wahhâb lui-même · Auteur des annotations sur Ibn Hajar

لَا حَاجَةَ إِلَى التَّأْلِيفِ فِي الرَّدِّ عَلَى الوَهَّابِيَّةِ، بَلْ يَكْفِي فِي الرَّدِّ عَلَيْهِمْ قَوْلُهُ ﷺ: سِيمَاهُمُ التَّحْلِيقُ

« Il n'est nul besoin de composer des réfutations contre les Wahhâbites — il suffit, pour les réfuter, du hadith prophétique : "leur signe distinctif est le rasage de la tête", car aucun innovateur ne l'a pratiqué avant eux. »

Sayyid ʿAbd al-Rahmân al-Ahdal
Mufti de Zabîd · Yémen

« Bien que le wahhabisme/salafisme soit répandu et connu dans les débats contemporains, trop de choses demeurent encore méconnues car rares sont les gens qui tentent d'analyser le phénomène en profondeur. Ibn ʿAbd al-Wahhâb prétendait connaitre le ghayb dans sa totalité, pensant connaitre le contenu des cœurs et de l'intelligence de tous les savants de son époque — alors qu'il n'en connaissait même pas 1% personnellement. »

Éditions Hanif
Analyse contemporaine · Réponse aux accusations d'Ibn ʿAbd al-Wahhâb

« Les réfutations du wahhabisme émanent de savants des quatre écoles juridiques sunnites, pas seulement des adversaires doctrinaux : son propre frère Sulaymân ibn ʿAbd al-Wahhâb, ses propres maîtres à Médine, les muftis des Haramayn, les oulémas d'Égypte, de Syrie, d'Inde et du Yémen — une unanimité savante remarquable. »

Doctrine Malikite
Entre politique et idéologie — Histoire du Wahhabisme

وَلَوْ كَانَ شَيْءٌ مِمَّا صَنَعَهُ المُؤْمِنُونَ مِنَ التَّوَسُّلِ وَغَيْرِهِ شِرْكًا، مَا كَانَ يَصْدُرُ مِنَ النَّبِيِّ ﷺ وَأَصْحَابِهِ وَسَلَفِ الأُمَّةِ وَخَلَفِهَا

« Si quelque chose parmi ce que font les croyants — comme le tawassul et autres pratiques — était du shirk, cela n'aurait jamais émané du Prophète ﷺ, de ses Compagnons, ni des générations antérieures et postérieures de la communauté. »

Ahmad ibn Zayn Dahlân al-Makkî
Mufti Shâfiʿite de La Mecque · 1231–1304 H · Fitnatu l-Wahhâbiyya

Le tawassul dans la
Sunna authentique

Des hadiths rigoureusement établis, pratiqués par le Prophète ﷺ et ses Compagnons, et que le courant wahhabite déclare à tort relever du shirk.

اللَّهُمَّ إِنِّي أَسْأَلُكَ بِحَقِّ السَّائِلِينَ عَلَيْكَ

« Ô Allah, je T'implore par le droit de ceux qui T'implorent. »

Prière enseignée par le Prophète ﷺ à ses Compagnons

اللَّهُمَّ اغْفِرْ لِأُمِّي فَاطِمَةَ بِنْتِ أَسَدٍ … بِحَقِّ نَبِيِّكَ وَالأَنْبِيَاءِ الَّذِينَ مِنْ قَبْلِي

« Ô Allah, pardonne à ma mère Fâtima bint Asad … par le droit de ton Prophète et des prophètes qui m'ont précédé. »

Prière du Prophète ﷺ lors de la sépulture de Fâtima bint Asad, mère de ʿAlî ؓ

اللَّهُمَّ إِنِّي أَسْأَلُكَ وَأَتَوَجَّهُ إِلَيْكَ بِنَبِيِّكَ مُحَمَّدٍ نَبِيِّ الرَّحْمَةِ، يَا مُحَمَّدُ إِنِّي أَتَوَجَّهُ بِكَ إِلَى رَبِّي فِي حَاجَتِي لِتُقْضَى

« Ô Allah, je T'implore et me tourne vers Toi par ton Prophète Muhammad, le Prophète de la miséricorde — Ô Muhammad, je me tourne par toi vers mon Seigneur pour que mon besoin soit exaucé. »

Hadîth de l'aveugle · Pratiqué par les Compagnons après la mort du Prophète ﷺ

إِذَا أَفْلَتَتْ دَابَّةُ أَحَدِكُمْ بِأَرْضِ فَلَاةٍ فَلْيُنَادِ: يَا عِبَادَ اللهِ احْبِسُوا، فَإِنَّ للهِ عِبَادًا يُجِيبُونَهُ

« Si la monture de l'un d'entre vous s'emballe en pleine terre déserte, qu'il crie : Ô serviteurs d'Allah, retenez-la ! Car Allah a des serviteurs qui lui répondent. »

Hadîth du Prophète ﷺ · Invocation d'absents, de défunts ou d'inanimés

يَا رَسُولَ اللهِ، اسْتَسْقِ لِأُمَّتِكَ

« Ô Messager d'Allah, demande pour ta communauté la pluie. »

Bilâl ibn al-Hârith ؓ devant la tombe du Prophète ﷺ · Compagnon rapporté par al-Bayhaqî

السَّلَامُ عَلَيْكَ أَيُّهَا النَّبِيُّ

« La paix sur toi, ô Prophète. »

Tashahhud · Invocation directe au Prophète ﷺ dans chaque prière de chaque musulman

Accusations wahhabites
et réponses savantes

Chaque thèse du fondateur du mouvement est ici confrontée aux réponses des savants sunnites, issues de leurs ouvrages et correspondances.

« Tous les musulmans sont dans le shirk depuis six siècles et je suis le seul à avoir redécouvert le tawhîd. »

Cette affirmation constitue une prétention indirecte à connaître le ghayb — le contenu des cœurs de millions de croyants que son auteur n'avait jamais rencontrés. Ibn ʿAbd al-Wahhâb n'avait personnellement connaissance que d'une infime fraction des savants de l'Oumma. Ses propres maîtres à Médine, qu'il avait côtoyés, enseignaient le tawassul et la licéité de la visite des tombes selon les preuves coraniques et prophétiques explicites.

Source : Éditions Hanif · Réponse aux accusations d'Ibn ʿAbd al-Wahhâb

« Le tawassul par les prophètes et les saints revient à leur attribuer une divinité, comme les polythéistes qui adoraient leurs idoles pour se rapprocher d'Allah. »

L'analogie est doctrinalement invalide. Les polythéistes croyaient à la divinité de leurs idoles et les vénéraient d'une vénération de seigneurie. Les croyants, en revanche, savent que les prophètes et les saints sont des serviteurs créés d'Allah. Chercher leur baraka, c'est chercher la miséricorde divine — non leur adoration. La distinction est fondamentale en ʿaqîda et unanimement reconnue par les quatre écoles.

Source : Dahlân · Fitnatu l-Wahhâbiyya · Épisodes 5 et 6

« Les versets coraniques sur les polythéistes s'appliquent aux musulmans qui pratiquent le tawassul. »

Al-Bukhârî rapporte du Prophète ﷺ lui-même que les Khârijites « s'emparèrent de versets révélés pour les mécréants et les appliquèrent aux croyants ». Le Prophète ﷺ avertit également : « Ce que je crains le plus pour ma communauté, c'est un homme qui interprète le Coran selon ses propres procédés en dehors de son contexte. » Ces deux hadiths, selon les savants, décrivent exactement la démarche d'Ibn ʿAbd al-Wahhâb.

Source : Sahîh al-Bukhârî · Dahlân · Épisode 6

« Quiconque refuse notre doctrine est un mécréant dont le sang et les biens sont licites. »

Le Shaykh Muhammad ibn Sulaymân al-Kurdî — propre maître d'Ibn ʿAbd al-Wahhâb — lui écrivit : « Tu n'as aucune voie pour taxer de mécréance la grande majorité des musulmans. C'est toi qui es isolé de cette majorité, et accuser de mécréance celui qui s'isole d'elle est plus fondé. Le loup ne mange que de la brebis égarée. » Le verset coranique (An-Nisâʾ : 115) condamne précisément ceux qui suivent une voie autre que celle des croyants.

Source : Shaykh al-Kurdî · Dahlân · Épisode 8

« La pratique du tawassul est une innovation condamnable (bidʿa) inconnue des Salaf. »

Le tawassul après la mort du Prophète ﷺ est attesté par les Compagnons eux-mêmes : Bilâl ibn al-Hârith ؓ l'accomplit devant la tombe du Prophète ﷺ ; ʿUmar ibn al-Khattâb ؓ fit tawassul par al-ʿAbbâs devant les habitants de Médine. La formule du hadith de l'aveugle — qui contient « Ô Muhammad » — était utilisée par les Compagnons et les Salaf selon les rapports authentiques compilés dans les ouvrages de fiqh des quatre écoles.

Source : Dahlân · Épisodes 7 et 8 · Al-Bayhaqî · Ouvrages des quatre écoles

Ressources recommandées
par les savants sunnites

Ouvrages classiques et sources contemporaines fiables pour approfondir le sujet selon la méthodologie traditionnelle des quatre écoles.

Ouvrage classique · Shâfiʿite
Al-Durar al-Saniyya fî l-Radd ʿalâ l-Wahhâbiyya
Ahmad ibn Zayn Dahlân al-Makkî (1231–1304 H)

Réfutation développée du courant wahhabite par le Mufti Shâfiʿite de La Mecque. Complément savant au résumé que constitue la Fitnatu l-Wahhâbiyya étudiée sur ce site.

Ouvrage classique · Hanbalite
Al-Sayf al-Battâr ʿalâ man Yattabaʿ al-Mubtadiʿ al-Farrâr
Shaykh Sulaymân ibn ʿAbd al-Wahhâb (frère du fondateur)

Réfutation par le propre frère d'Ibn ʿAbd al-Wahhâb, qui connaissait ses déviations de l'intérieur. Témoignage capital d'un savant hanbalite de la même famille.

Site savant · Malikite
Doctrine-Malikite.fr — Histoire du Wahhabisme
Équipe Doctrine Malikite

Analyse sérieuse de l'histoire du wahhabisme entre politique et idéologie, depuis la perspective de l'école malikite traditionnelle. Articles documentés avec sources.

Site savant · Multi-madhab
Sunnisme.com — Section Réfutations
Sunnisme.com

Dossiers approfondis sur le hadith des 73 sectes, le groupe sauvé, la nécessité de suivre le sawad al-aʿzam, et les erreurs doctrinales du courant wahhabite-salafiste.

Article savant · Analyse contemporaine
Réponse aux accusations d'Ibn ʿAbd al-Wahhâb
Éditions Hanif

Analyse approfondie des prétentions d'Ibn ʿAbd al-Wahhâb à connaître le ghayb, du takfîr collectif, du tawassul et des mausolées. Fondée sur ses propres lettres.

Site savant · Réfutations hanbalites
Madhab-Hanbali.fr — Réfutation du wahhabo-salafisme
Équipe Madhab Hanbali

Réfutations depuis la perspective hanbalite traditionnelle, montrant que le courant wahhabite contredit Ibn Taymiyya et Ibn al-Qayyim sur de nombreux points essentiels.

Vidéos — Ustadh Ashama
al-Mâlikî

Traductions et présentations de prises de parole de grands savants sur le wahhabisme, le salafisme et l'adab de l'étudiant en sciences islamiques.

Ustadh Ashama al-Mâlikî
@ustadh_ashama_al_maliki

Traductions de savants sunnites, épisodes du traité Fitnatu l-Wahhâbiyya, mise en garde pédagogique et documentée sur les dérives du courant wahhabite-salafiste.

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Témoignage savant · Documentaire
Qui est Muhammad ibn ʿAbd al-Wahhâb ?
Ce que pensent les savants du monde musulman

Un panorama des positions des grands savants sunnites contemporains et classiques sur le fondateur du wahhabisme — ses déviations doctrinales, ses prétentions et le jugement unanime de la tradition savante à son égard.

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Traduction · Conférence savante
La corne du diable
Shaykh ʿAbd al-ʿAzîz al-Khatîb al-Hasanî

Traduction de l'intervention du Shaykh ʿAbd al-ʿAzîz al-Khatîb al-Hasanî sur l'histoire de l'apparition du wahhabisme, ses déviances doctrinales et l'origine prophétique de l'expression « corne du diable » appliquée à la région du Najd.

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Playlist · Série complète
Mise en garde contre les dépassements des jeunes salafis
Shaykh ash-Sharîf al-ʿUnî — Traduction intégrale

Traduction d'une prise de parole du Shaykh ash-Sharîf al-ʿUnî sur les jeunes élèves qui se réclament du salafisme mais dépassent leurs limites, adoptant un comportement qui contredit le bon adab du musulman dans sa pratique et sa rigueur scientifique. Série en plusieurs épisodes.

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📺 Épisodes du traité — Bientôt

Les 18 épisodes de la Fitnatu l-Wahhâbiyya d'Ahmad Dahlân — intégralement vocalisés, traduits et commentés — seront publiés prochainement sur cette même chaîne. Abonnez-vous pour être notifié à leur parution.

Une démarche fondée
sur la connaissance

Face aux doutes semés par le courant wahhabite, la réponse est dans la tradition savante sunnite — accessible, documentée, et transmise de génération en génération.

Revoir l'histoire La dissension wahhabite